L'hôtel de
la nuit dernière, à Inari, était moyen : look de motel américain ou mieux
de poste pionnier, mais chambre vaste et agréable et restaurant convenable. Ce
matin, saumon fameux au petit dej.
De ma
chambre, je voyais le lac d’Inari, un bateau, des îles et un petit hydravion
qui est basé là pour faire le taxi.
A deux pas
de l'hôtel, le musée same est tout à fait exceptionnel. D'abord, il est bien
sur ultra moderne et d'un design élégant. Ensuite, il comporte une partie
extérieure reproduisant, non transplantant, des habitants sames (on disait
lapons, mais ce n'est politiquement plus correct) sur quelques hectares, et une
partie intérieure plus classique. On passe sur la cafet' envahie vers 11h de
mioches et les petits finlandais sont beaux, blonds et insupportables (espèce
protégée, je suppose ;-) ). La première salle permanente est une mise en
perspective historique de ce peuple depuis la dernière glaciation, avec des
repères dans les autres civilisations, des pyramides à l'Europe occidentale.
Passionnant. Puis le cœur du musée. Une salle de la taille d'un gymnase, les
murs présentant la nature par tranche d'un mois. Face à ce mur extérieur, une
sorte d'enceinte intérieure leur fait face, et on y trouve en pendant exact les
points saillants de la vie des bêtes à ces mois, avec l'accent sur la famille,
le biotope ou la caractéristique biologique partagée. Hyper pédagogique sans
être un instant barbant. Tu peux alors passer sur l'autre face de cette
enceinte. Et là tu passes à l'homme, sans lien de saison, de la vie de famille
à l'élevage en passant pas les communications, la culture et la politique. Au
milieu, quelques tables avec des systèmes multimédia, un traîneau et une moto
neige. Que ce soit la symbolique ou la réalisation, je considère que c'est de
très loin le meilleur musée ethnologique que j'aie visité ! Deux cerises
sur ce gâteau : une expo temporaire sur les plantes dans la vie same,
comme aliments, matière première de vêtements, pharmacopée … occupe une salle.
Pas mal, mais mon incurie face aux plantes de nos régions limite ma capacité de
mise en perspective. Enfin, un film (musical) sur les aurores boréales et les
aurores sur le toundra (pur moment artistique, pas un instant de texte ou
d'explication, pas un mot hors un chant same en guise de final). Une chouette
visite en vérité.
Puis cap au
nord vers l'océan arctique, enfin la mer de Barents, à cet endroit, je crois.
Relief et
plantes vont à l'essentiel, et c'en est fini des reliefs aigus et des arbres
majestueux. Ceux-ci se sont réfugiés dans les vallées, ou ils ont complètement
disparu. Place aux masses arrondies, aux bonsaïs naturels et aux mousses.
(LÃ ,
je fais la pause balade. Je sais, vous ne voyez pas, mais je n'aurai peut-être
pas le même ton, et vous saurez pourquoi !)
Pour moi il
est 01h40, même si ici en Norvège je suis revenu à l'heure de Paris, soit
0Hh40. Alors c'est l'heure de dormir. Route de minuit extraordinaire, je vous
raconterai demain, enfin ce soir …
5 aout
On reprend où je nous avais laissé en plan hier, c'est
à dire sur la route en quittant Inari. On passe des forêts majestueuses aux
paysages arctiques où la vie s'accroche où elle peut, en force sur les zones
exposées, avec humilité et ténacité, en relative majesté dès qu'un abri, comme
une vallée, lui en donne la possibilité.
Hier j'aurais dit belle route sur la rive nord du
Varangerfjord, par un temps parfait, et arrivée dans un hôtel moyen à Vardo -
le seul, en fait !. Re-saumon... Un peu de transfert d'image et d'écriture, et
en route pour Hamninberg. Route impressionnante. On longe la mer de Barents.
Rochers démontés, aigus, dressés comme des couteaux contre la mer comme contre
l'intrus humain. Et pourtant, des maisons, tout au long, et même au bout du
bout, une école, une église, un hameau. Vous verrez les photos. Il y a là comme
un défi impossible remporté par ces gens sur la nature. Ces gens, leurs rennes
et leurs moutons.
Inari Hotelli is probably not the ultimate choice...
