Réveil matinal (et pas facile parce que je m'étais
couché tard, entre le journal et la préparation de mon parcours, moins simple
que prévu. En effet, j'ai remis en cause complètement mon plan de route initial
en feuilletant le Routard et en regardant la carte. Toujours destination Kuhmo
(penser à rouler le H…), mais avec un crochet par Maarianvaara et Koli. 440 km
environ, mais l'ordinateur annonçait près de 9 heures de route (et supposé-je
de piste pour l'essentiel). Ces deux sites étaient référencés comme point de
vue, avec une mention pour le dernier dans le Routard. Préparer la navigation,
c'est pour moi choisir des points de passage principaux, arriver à lire leur
nom sur la carte (détestable de ce point de vue) et les enregistrer dans mon
GPS comme étapes (en cherchant à faire en sorte qu'entre deux étapes il me
guide sur le chemin que j'ai envie de faire, joli et agréable n'étant pas dans
ses critères (mais court ou rapide, et sans autoroute, oui). C'est un peu moins
facile à faire qu'à dire quand on a du mal à lire le nom de micro-localités,
qui est souvent un nom peu mnémonique pour moi ! Alors, je saisis, le
petit copilote ingère, et je contrôle la route proposée. Eventuellement, cela
me conduit à lui chercher une nouvelle étape pour le forcer à passer où je
veux. C'était le cas avant-hier, et je crois que la bagarre a bien duré jusqu'après
1h du matin ! En effet, le petiot ne voulait passer là où d'après lui il
n'y avait pas de chemin, jusqu'à ce que je découvre que certains chemins ou
pistes ne sont intégrés à l'itinéraire qu'en lui demandant expressément le plus
court, et non le plus rapide. Vous l'aurez compris, ici une route secondaire
(et encore) peut aussi bien être goudronnée qu'en terre battue – mais large et
lisse, avec des virages bien relevés.
Donc, au cas où, plein de carburant en quittant Kuopio
– somme toute pas très intéressant – et en route. En passant,
l'auto se révèle à nouveau une routière d'exception, confortable et d'une tenue
de route – notamment sur piste – très sûre et amusante. En plus, aux vitesses
d'ici, je consomme de l'ordre de 6 l/100 !
Programme nature, pour changer du programme mystique de la veille ! Le
premier point de vue, Maariantruc, est une station de ski fermée. Cela je le
découvre en me cassant le nez au pied du remonte-pente qui eut pu conduire
là -haut. Pas grave, route agréable et sur le chemin de Koli. Tout cela, en
passant, sur de la route « normale » (large, roulante et à 80). En
moyenne, j'ai été doublé par un chauffard / jour. Ici, on respecte la
limitation de vitesse (moi compris, avant d'avoir un commentaire déplacé Ã
Paris…).
En quittant Marianvaara, un coup d'Internet sur le
pocket me permet de voir que j'ai bien une chambre réservée dans l'Hôtel de
Kuhmo. La majuscule n'est pas une faute frappe, j'y reviendrai. Une petite
réponse pour remercier et c'est parti pour Koli, par une douce chaleur (entre
21 et 23). Annick trouvera plein de chose sur Koli sur Internet. Ce qu'on
ne peut pas oublier tient en quelques points :
·
Le point culminant du « sud » de la
Finlande,
·
Accessible en voiture (superbe route de
montagne !), puis par l'hybride d'un ascenseur et d'un funiculaire, et
enfin pour avoir la plus belle vue, quelques dizaines de marches
(centaines ?)
·
Un hôtel de luxe Ã
la position inouïe et au design – scandinave
·
L'ombre de Sibélius,
qui y fit monter un piano !
·
Et LA VUE.
Perché sur quelques énormes blocs (pas de rambarde…),
on plonge sur un lac, ses ilots, entouré de forets et d'autres lacs. Totalement
magnifique, magique. En passant, j'ai l'impression de perdre au moins en partie
mon vertige. C'est bien agréable ! J'ai pu photographier du funiculaire ou
du sommet (sans aller tout au bord…) sans la moindre gène. Ajouter à cela que
nous sommes à leurs yeux finnois et qu'il y a un monde somme toute très
supportable, et on comprendra mon éblouissement.
Je fais un tour dans l'hôtel, pour voir si l'intérieur vaut l'extérieur et
somme toute c'est oui. Déjeuner (buffet à volonté – salades, soupe, plats
chauds en sauce et patates, eau ou grenadine, café), la formule nationale
appelée lounas pour le midi… une dizaine d'euros. Dans un 5 étoiles sur un site
unique et contre une baie vitrée donnant ce paysage de rêve.
Koli, étape à ne rater sous aucun prétexte.
C'est à la sortie de Koli que le GPS faisait la fine
bouche. Et de fait, un long tronçon de piste m'attendait, d'abord très large
(m'a permis de doubler une Volvo qui se trainait et soulevait plein de
poussière – merci la puissance et les 4 roues motrices de la mienne, très joli
dépassement sportif… ) puis au contraire toute étroite. Mais le petit copilote
m'a mené sans encombre, notamment en franchissant un tout petit pont dans
l'isthme entre deux lacs (ou un point étroit d'un lac ?).
Subtil changement des forêts, le plumet vert des pins est de plus réservé au
sommet, tandis que le plus gros du tronc est dépouillé d'aiguilles toujours, de
branches le plus souvent. Impression d'une sauvagerie croissante,
indéfinissable…
